Bureaux inclusifs : comment l’aménagement concrétise vos engagements
En France, 68 % des salariés estiment que leur entreprise s’engage en faveur de la diversité et de l’inclusion. Mais dans le même temps, 74 % considèrent que ces engagements relèvent surtout de la communication. Ce chiffre dit quelque chose d’important : les intentions ne suffisent plus. Ce qui compte, c’est ce que les collaborateurs vivent au quotidien. Et ça commence par les murs.
Les bureaux sont devenus l’un des terrains d’expression les plus visibles des valeurs d’une organisation. Un espace de travail inclusif, ce n’est pas une charte affichée dans les couloirs. C’est un ensemble de décisions prises dès la conception : choix des matériaux, programmation des zones, traitement acoustique, accessibilité. Des décisions souvent discrètes, mais immédiatement perceptibles pour ceux qui travaillent dans l’espace.
Ce que l’inclusion signifie concrètement dans un projet d’aménagement
Parler de bureaux inclusifs dans un projet de rénovation, ce n’est pas ajouter une case à cocher. C’est reconsidérer la manière dont chaque décision de conception impacte des profils très différents : une personne hypersensible au bruit, un collaborateur en fauteuil roulant, un salarié qui a besoin de lumière naturelle pour rester concentré, ou une équipe qui fonctionne mieux en travail collaboratif qu’en postes individuels.
L’inclusion se joue dans l’usage réel des espaces. Elle passe par la possibilité d’ajuster la luminosité, de limiter les nuisances sonores, de proposer des modes de travail différents selon les rythmes et les sensibilités. Elle passe aussi par le choix des matériaux, des contrastes de couleur, et par une accessibilité pensée dès les plans — et non rajoutée en fin de chantier.

L’acoustique, premier levier d’un bureau inclusif
C’est souvent l’angle le moins visible dans un brief de rénovation, et pourtant le plus immédiatement ressenti. Le bruit dans un espace de travail n’est pas qu’un irritant : il est discriminant. Une personne souffrant d’hyperacousie ou de troubles de l’attention est beaucoup plus affectée par un open space non traité qu’un autre profil.
Sur un chantier, l’intervention acoustique porte sur trois postes principaux :
- des panneaux absorbants au plafond (laine minérale, laine végétale, liège) pour limiter la réverbération ;
- des revêtements de sol adaptés, parquet, moquette, vinyle, souvent combinés à une sous-couche en liège pour absorber les bruits d’impact ;
- des panneaux absorbants à hauteur de tête au niveau des postes de travail, pouvant être fabriqués en PET recyclé issu de bouteilles plastiques.
La programmation des espaces est aussi déterminante : éviter qu’une zone de travail calme jouxte un espace de pause ou des sanitaires est une décision de conception, pas un détail.
Diversité des usages : permettre à chacun de choisir son environnement
Un aménagement d’espace de travail inclusif ne propose pas un seul mode de travail. Il offre une palette d’espaces : zones de concentration, espaces collaboratifs, bulles pour s’isoler, lieux d’échange informel. Cette multiplicité permet à chacun d’adapter son environnement à ses besoins du moment — ce qui est particulièrement important pour les profils neurodivergents ou les collaborateurs qui alternent tâches de fond et réunions rapprochées.
Lorsque c’est pertinent, des cloisons amovibles ou des solutions modulaires permettent de faire évoluer la configuration des espaces en fonction des usages réels, sans engager de nouveaux travaux.
Accessibilité : aller au-delà du minimum réglementaire
La réglementation fixe un plancher. Mais une démarche inclusive suppose d’aller plus loin que ce que la loi exige. Cela se traduit par des cheminements lisibles dès l’entrée, des largeurs de circulation qui anticipent des usages variés, des accès facilités aux espaces communs, des sanitaires accessibles et une signalétique compréhensible par tous — y compris les personnes malvoyantes ou peu à l’aise avec les codes habituels du bureau d’entreprise.
L’objectif est simple : permettre une utilisation autonome et confortable des lieux, quel que soit le profil.
Matériaux, couleurs et lumière : les détails qui changent l’expérience
Certains éléments sont moins visibles, mais essentiels. Le choix de matériaux non émissifs contribue à la qualité de l’air intérieur et à la santé des occupants. Les contrastes de couleurs facilitent l’orientation dans les espaces, notamment pour les personnes malvoyantes. Une conception lumineuse attentive, lumière naturelle maximisée, éclairage artificiel sans éblouissement, réduit la fatigue visuelle sur des journées longues.
Mis bout à bout, ce sont des décisions qui paraissent discrètes lors d’un brief, mais qui changent profondément l’expérience quotidienne. C’est d’ailleurs ce décalage, entre ce qui est prévu dans les plans et ce qui est ressenti en usage, qui explique en grande partie le fossé entre les engagements D&I affichés et la perception qu’en ont les collaborateurs.
MAKE Better : l’inclusion au-delà des bureaux d’entreprise
L’engagement de MAKE Office pour des espaces plus inclusifs ne se limite pas aux projets commerciaux. MAKE Better, l’association fondée dans le prolongement de MAKE Office, intervient sur deux fronts : la rénovation gracieuse de structures à impact en Île-de-France (hôpitaux, associations, services publics), et des actions dans les collèges pour faire découvrir les métiers du bâtiment à des jeunes qui n’y penseraient pas naturellement.
MAKE Better est actuellement à la recherche de nouveaux projets et partenaires. Si vous connaissez une structure concernée, la mise en relation est bienvenue.
Vous souhaitez rendre vos bureaux plus inclusifs ?
L’inclusion dans un projet de rénovation n’est pas une contrainte supplémentaire. C’est une manière de concevoir des espaces qui fonctionnent mieux pour tout le monde. Cela demande d’y penser dès le début du projet, avant que les plans ne soient figés.

